Le CAF et la romance…

… ou le périple aux Aiguilles*

Lundi, 20 février, 5h le matin. Le réveil sonne à Chanaz. Le petit déjeuner n’était pas passé, je n’ai pas le goût. Mais c’est indispensable, car je n’avais pas trop mangé le soir d’avant et un week-end assez sportif m’attendait. Rendez-vous sur un parking dans le noir à Aix-les-Bains…

En route vers le parking dans le noir...

Aix n’est pas encore réveillé. J’étais la première à l’arrivée, le réglage des crampons empruntés s’est fait à la frontale, sur le goudron. Les autres arrivaient,  6 participants et 1 encadrant en total et le jeu de mettre tout ces gens et tout leur matos dans la moindre voiture commençait. C’était le chaos pendant quelque temps et tout d’un coup tout le monde avait disparu et les voitures commençaient à partir. Oehoe, y’a de la place pour moi ? Ne m’oublie pas ! Oef, il y avait quelqu’un qui s’arrêtait pour me laisser monter dans la voiture, direction Bonnenuit. Si seulement j’avais passé une bonne nuit…

Mise en jambe. Ou en voiture. Ou ski.

8h30, on chausse au départ, et c’est parti. Un des membres n’étant pas trop en forme, on a d’ailleurs eu un changement de plan. La première étape sera le refuge pour poser un peu de matériel et ce participant, et la deuxième étape : le col des Aiguilles d’Arves. Directement dans le sujet, avec un petit chemin sinueux, parfois raide, avec peu de neige dure-glacée pour commencer. Je me suis même hissée grâce à un des bâtons d’un autre participant qui, lui, a réussi à monter, moi je ne pouvais pas… J’ai préféré mettre mes couteaux mais les autres étaient motivés comme des vaches qui sortent de l’étable au printemps et n’avaient pas l’air de vouloir m’attendre.  Et tout pendant la galère mes coéquipiers me donnaient des astuces: “Reste droite !” “Plie tes genoux si nécessaire mais faut pas se pencher vers l’avant ! Reste droite !” Et ils répétaient… très gentil de leur part, ils voulaient s’assurer que j’avais bien entendu. Bien sûr ils n’ont pas précisé comment faire ça donc je n’ai pas très bien réussi… Un début intéressant donc, qui me faisait déjà appréhender le retour sur ce même chemin.

Après ce début un peu… haut en couleurs, notre rythme est redevenu plus doux et ça allait mieux. Nous montions dans une vallée avec un ruisseau en contrebas et des pentes sur les deux côtés. Assez vite, la neige n’était plus gelée. Par contre, bonjour le bottage ! Encore une sensation totalement nouvelle, je me réjouissais de découvrir cette étape incontournable pour tout skieur. Le coéquipier juste devant moi dans le petit train des CAFistes a eu le même problème. Je crois que c’est le moment précis où la petite romance du CAF a commencé… Nous nous sommes arrêtés pour farter un peu les peaux, tout le groupe a suivi notre exemple.

Nous montions sur le côté où était le refuge, quelques centaines de mètres au-dessus de la rivière. La progression était tranquille mais… c’était en pente sud-est et de plus en plus sud, donc avec de moins en moins de neige. Il devint assez évident que pour atteindre le refuge, il fallait traverser vers l’autre côté de la vallée, progresser jusqu’au niveau du refuge et remonter là en espérant qu’il y ait ensuite assez de neige. Descente alors, vers le torrent, et même un peu plus bas en aval pour trouver un pont de neige assez fiable. Cette descente a été encore un moment intéressant. Du vrai ski avec des peaux, j’ai vraiment essayé de faire comme si tout cela était normal. Mais, pour le coup, je trouvais cela très étrange, même si je n’avais pas skié depuis un peu de temps et que j’avais déjà perdu un peu l’habitude. J’avais bloqué le talon ? Et non, perdu, car parfois on fallait monter à nouveau aussi. Et faire des dérapages là où ça devenait raide, mais déraper en arrière ne marche pas trop avec les peaux…. Donc nouvel exercice : la conversion vers l’aval pour descendre ! J’ajoute ça sur ma liste des choses pour lesquelles m’entraîner l’été, sur une pente herbeuse… La sortie commençait déjà de fort bonne manière, avec déjà plein de surprises !

La montée finale au refuge s’est faite sans trop de difficultés après avoir trouvé un autre pont de neige. Descente en escalier orienté montagne, conversion au milieu (doucement ), sortie en escaliers de l’autre côté, et hop, vite poser quelques affaires au refuge pour repartir tout de suite, pour ne pas arriver trop tard en haut. « Vite repartir » a pris beaucoup de temps selon moi, mais bon, je suis néerlandaise et j’ai un autre rapport avec le temps… Et en tant que néerlandaise je n’ai pas fait comme les autres… j’ai planté mes skis dans la neige à l’inverse…

Le cagnard

Après le refuge encore une descente peautée, mais désormais j’avais l’habitude ! Recroisée de la rivière et montée sans fin. Interminable, cette montée, en pente douce vers l’ancien glacier. Il survivait un peu, tout en haut suspendu entre les rochers, c’était étrange et beau de le voir. On était un peu à l’ombre et on ne savait pas encore la chaleur qui nous attendait plus loin… Au fond de la vallée, tour vers la droite pour monter une épaule. Les faces deviennent plus raides et la trace choisie par notre grand strumpf aussi. Moi je ressentais déjà bien l’altitude. Chaque pas demandait de l’effort, ma respiration était tranquille mais un peu plus vite que la normale…

La pente oscillait entre quelque chose de gérable pour moi, et, avec seulement quelques degrés de pente de plus, quelque chose de presque impossible pour mon corps à suivre… La hauteur, le manque de fer de l’anémie et la chaleur… Nous étions en plein soleil, sans le moindre vent. Après l’épaule suivant une autre épaule, et notre grand strumpf a proposé de faire une pause, de se regrouper (moi et deux autres étions ‘en tête’ et les deux autres un peu éloignés) et de décider comment envisager pour la suite. Pour ceux qui comptent : on n’avait pas perdu de membre car le dernier était resté au refuge pour déneiger la terrasse.

Je progressais petit pas par petit pas, de plus en plus concentrée sur comment gérer l’effort. Je m’arrêtais aussi régulièrement pour boire et manger, car je ne pouvais plus faire ça on the move sans m’essouffler. Ça tombait bien car pendant ces pauses j’ai pu admirer la beauté du paysage. De temps en temps les autres me donnaient des astuces pour améliorer mes conversions. J’étais bien sûr d’accord avec tout qu’ils disaient, je souriais et hochais la tête en pensant ‘mais putain c’est pas le moment d’essayer des nouvelles choses, là !’

Arrivés à l’épaule… on était pas encore là, au bout. Comme bien entendu en montagne, il en reste toujours à faire. Mais cette pause au replat était bienvenue pour reprendre notre souffle. Ça va ? Oui, ça va. Il faut chaud hein ? Oui, il fait chaud. J’étais un peu soulagée de voir que ça n’était pas hyper facile pour les autres non plus. La dernière à arriver était la plus réaliste. “Tiens, dis moi que vous êtes en train de mourir aussi !” – on était tous d’accord, sauf pour l’encadrant qui restait neutre.

“Encore 10 minutes !”

Il nous restait deux étapes. Aller jusqu’au col ? Ça serait dommage de ne pas y aller car on y est presque ! Pour nous donner de la force pour continuer, l’encadrant faisait comme avec ses enfants quand ils étaient petits. “Tu vois le petit replat là ? Le col est juste derrière. C’est juste dix minutes de montée vers ce replat. Tu peux encore dix minutes ? C’est pas long dix minutes et on verra dès que nous sommes là.” La plus réaliste de notre groupe n’a pas mordu à l’hameçon ; elle savait que ce ‘seulement dix minutes’ serait au moins trente, et que après chaque butte il y en a encore une autre. Elle a donc choisi de rester là, pour une sieste bien méritée. Et moi, je doutais… La souffrance de la montée, je pouvais la subir mais après il fallait descendre ! Et la descente s’annonçait longue, compliquée et, pour être honnête, un peu raide par rapport à mon niveau avec ces conditions de neige… J’ai décidé de faire les ‘juste dix minutes’ jusqu’au replat pour au moins voir le col des aiguilles d’Arves et d’attendre les top guns là. Allez, encore ‘juste 10 minutes’ de montée pour au moins voir le col, et car je ne voulais pas abandonner si tôt. On commençait tous à avoir des doutes sur le ‘dix minutes’ de notre grand strumpf tranquille. Mais, comme disait un des équipiers, que ce soient 10 minutes, 20 ou 30, il y a une vérité : on n’était jamais si près ! Alors hop, on montait. Pour être encore plus près.

Je ne montais plus en mode gazelle comme avant, je progressais lentement et je me réjouissais à la perspective de devoir monter jusqu’au replat, pas jusqu’au col. Après chaque Z, je m’arrêtais quelques secondes pour boire quelques gouttes d’eau et pour regarder le paysage… puis enfin on est arrivés à ce replat. “On continue, on n’était jamais si près!” Mais c’était là ou je voulais m’arrêter ! Je craignais de ne pas avoir la force et la concentration pour descendre dans cette neige très blanche et jolie mais pourrie et longue et raide et pourquoi j’avais pas reskié les semaines passées pour maintenir un peu mon niveau et ma confiance ? Je suis une fille prudente. Très prudente. Souvent trop prudente même. Donc quand les gars ont insisté pour que je vienne, que c’était impossible pour moi de m’arrêter à ‘que 10 minutes ! ‘ au dessous du col et quand il y a un qui m’a proposé de descendre avec moi tout tranquillement, j’ai cédé. Car c’est pas si souvent que je me trouve à 3000 mètres, à skis, dans une bonne ambiance avec des mecs sportives et motivés, avec une si belle vue, pour le prix de seulement quelques derniers mètres ! Il faisait déjà moins chaud, et on y était presque… Le dernier bout était presque facile par rapport aux épreuves avant. Et la vue… formidable… Ma première super haute montagne en ski !

Oh la laaa

Quel bonheur, un petit peu de vent et de l’ombre ! J’ai mis un t-shirt sec et je me suis préparée pour la descente. Tout en haut c’était bien plat mais pour descendre, il fallait plonger un peu – c’était assez raide pour faire “gloup” avant d’attaquer la descente… Comme encore quelques fois pendant cette descente, j’ai dû rassembler mon courage et mon sang-froid. Penser au super moniteur Michel d’Arêches, avec sa voix dans ma tête qui disait “hop !” juste avant de me laisser faire des virage redoutable pour me lancer pendant le stage. Donc après le “Oh la laaa” qui annonçait toujours un truc effrayant et qui précédait toujours le “hop !” du moniteur, et un deuxième “hop !” car le premier n’a pas marché, je me suis lancée.

Mon coéquipier tenait sa parole et restait à mes côtés, et à chaque arrêt pour reprendre mon souffle, un peu d’eau et trouver un itinéraire pour continuer, il me parlait de la stratégie. C’était super de pouvoir me débrouiller, mais ma technique… pas joli du tout. Parfois ça ne ressemblait même pas du tout à du ski, je pense que j’étais devenue encore plus rouge que mes skis – d’effort ! Mais mes fidèles skis ne m’ont pas abandonnée, et les coéquipiers non plus. Ils m’avaient même trouvé encore une pente avec de la bonne neige, même si mes cuisses étaient déjà trop cramées pour l’apprécier. Neige dure et molle en alternance, des ondulations, on avait eu presque tout ce que je pouvais imaginer. On cherchait des plaques dures, qui allaient bien aussi – sauf quand la croûte cassait, les skis se perdant au dessous et tout sauf le corps du skieur s’arrêtant tout d’un coup. La dernière remontée vers le refuge était intéressante aussi, avec de la neige super molle, surtout autour des rochers, parfait bien pour s’enfoncer.

Au refuge

J’arrivais au refuge super contente et super cuite. Un peu fière quand même, malgré l’absence de technique ou de style pour la descente. Une rare bière alors, pour fêter ça, et des petits stroopwafels pour tout le monde. Le refuge était confortable et on avait que quatre heures à attendre pour le repas. J’avais FAIM comme jamais auparavant. Mais l’attente du diner n’était pas que de la relaxation, car on était bien au CAF et on avait des choses à apprendre. Donc pendant le coucher du soleil, qui sans doute était très beau, on écoutait notre encadrant parler du cycle de vie des flocons de neige. Utilisant parfois des termes incompréhensibles comme des plaques à vendre, ou des plaquas ventre (pas des plaques à vent ?), il nous a expliqué les différents stades d’un flocon, ses transformations et leurs effets sur la cohésion. Info très valable et qui reste bien plantée dans nos cerveaux en étant si proche de la neige. Même dedans cette neige, après être tombée pendant la descente (mais il n’y avait pas que moi qui avait faire une inspection de très près des cristaux ! ).

 

 

Bref, cours de nivologie avec quelques ronflements tôt-ive, diner top, tout le monde au lit à 21h15. Notre groupe de 7 dans un dortoir, un groupe de 9 dans un autre et un groupe de 2 dans le dernier. On avait assez de place pour tout le monde et on pouvait choisir notre emplacement. Je partageais mon étage avec le coéquipier qui bottait en même temps que moi ce matin, et avec qui j’avais échangé des blagues et des regards de complicité sur la souffrance de la montée… Ils disent quoi du CAF ? On n’avait qu’un grand ronfleur dans le groupe, qui s’est montré très raisonnable et n’a pas ronflé toute la nuit, donc tout le monde a eu le temps de s’endormir en tranquillité. Comme souvent, je n’ai dormi que la moitié de la nuit, avec du temps pour philosopher un peu, et de m’étonner sur le fait que c’était assez tranquille à 7 dans un dortoir, et que l’air ne sentait même pas trop le renfermé.  Mais, ça c’était avant d’être allée dehors pour voir le lever de soleil (et faire pipi tranquille car avec 1 wc pour 21 gens, c^ça n’était pas gagné). Quand je suis rentrée après, ça sentait une odeur complètement différente…

L’aiguille de l’Epaisseur

Deuxième journée ! Avec toute la concentration d’avant la sortie et les doutes pour y aller ou pas, j’avais complètement oublié que c’était la période des règles. Normalement les femmes ont toujours de quoi gérer mais dans mon sac à dos de ski de rando j’avais tous types d’outils, des trucs pour faire des réparations, un kit de premier soin et de bivouac d’urgence, mais rien de féminin… Heureusement les gérants du refuge connaissaient leur boulot, et j’ai pu trouver ce que j’avais besoin aux toilettes bouchées. Living on the edge…  Après un double petit-déjeuner pour avoir assez d’énergie et thermos plein du thé au miel formidable, nous sommes partis pour l’Aiguille de l’Epaisseur.

Une des idées pour la descente était, une fois en haut, de basculer vers le nord pour descendre dans la Combe du Puy. En regardant ça sur le plan je sentais le désespoir venir, mais notre chef n’a pas trop écouté mes protestations. Heureusement, le matin, il avait décidé de ne pas le tenter vu le manque de neige, et je montais tranquillement avec l’idée de descendre vers des pentes pas trop pentues. Vu que nous allions repasser au refuge, on a pu laisser là un peu de nos bagages, dont les crampons et piolets. La neige sur notre route était bien regelée donc après le test DVA, nous avons mis directement les couteaux. On montait en silence, avec uniquement le ‘crunch-glssss crunch-glssss’ des couteaux qui mordaient la neige. J’en avais utilisé avant mais pas pour un si long trajet ni en faisant des conversions, donc cette montée a également été la découverte de nouvelles sensations.

La montée était paisible, assez longue mais pas dure et moins chaude (mais trop quand même donc on pouvait enlever les couteaux !). Arrivée presque en haut, on avait une très jolie vue sur l’endroit d’hier, les aiguilles et la pente de descente. Et pour moi, elle avait l’air encore plus impressionnante qu’avant ! C’est là où les regards et blagues partagées, et les coquetteries entre moi et le coéquipier trouvait leur forme charnelle, et où on s’est connecté les poings pour célébrer la vie.

Pas crevée du tout au sommet, mais une grande descente à faire… Qui commençait par quelques respirations profondes et une recherche des restes de mon courage, puis à nouveau le ‘hop !’ pour commencer. Là où il y avait de la neige molle, ça allait pas mal ! Là où c’était un peu n’importe quoi et tout à la fois, ça n’allait pas du tout ! Les coéquipiers ont dû m’attendre un peu, mais j’ai pu descendre à ma façon avec un peu d’aide et de patience de deux autres. Je n’étais pas la seule à tomber, et cela faisait du bien car la neige était fraîche.

On est descendus en direction du refuge car les gens qui voulaient prendre des pique-niques n’avaient pas réservé avant et n’ont pas pu en prendre un en quittant le refuge le matin. Un autre groupe du CAF qui passait le jour d’avant n’avait pas réservé non plus – mais avait tout raflé en avance. Alors pas de repas dans le sac à dos pour notre groupe mais c’était quand même possible de manger le repas de midi au refuge… Après l’aiguille on avait tous un petit creux donc on était bien motivés pour faire même le dernier bout vers le refuge très pourri, avec des trous cachés dans la neige entre et autour des rochers. Parfois c’était très plat et on devait pousser, et sans vitesse les skis s’enfonçaient profondément en direction des cailloux cachés au-dessous, comme des vrais requins. C’était chaud, de nouveau !

La descente longue attendue

Après le refuge, on savait tous ce qui nous attendait… Des sacs à dos plus lourds, et l’itinéraire de la première journée. Avec de la neige pas top, déjà, partiellement regelée et croutée, trop molle, et même de la neige … absente. Et avec beaucoup de dénivelée, des trucs à remonter etc. Remontée sur l’autre rive en escalier après avoir cassé le pont de neige avec notre passage, puis une descente tranquille, vallonnée; comme des douces pentes de petites collines qui montent et descendent, et vu que ça descendait plus que ça montait c’était pas nécessaire de pousser, sauf si tu tombais quelque part sur des trucs gelés ou que tu perdais tout élan dans des trucs pas gelés du tout, ou en cassant la croûte. C’était bien varié.

Après avoir recroisé la petite rivière et une montée assez chauffante en ‘arête de poisson’ on arrivait au dernier défi: le petit chemin sinueux avec encore moins de neige qu’à la montée. Pas beaucoup de place, pas beaucoup de neige et à ma grande surprise c’était plein de monde ! En haut on était tranquille mais là tout le monde arrivait de partout pile en même temps, pour faire le bordel. Moi et beaucoup d’autres on a préféré déchausser plutôt que skier sur la mousse et les pommes de pins, mais descendre à pied avait ses propres risques… Il y avait des gens qui skiaient entre les arbres partout, même là où il n’y avait plus de neige du tout ! Un peu plus bas il y en avait encore un peu, donc tout le groupe avait rechaussé là. Mais pas moi… Ça restait un chemin étroit, raide, sinueux et pas très enneigé et moi, je ne pouvais plus faire de virages : un peu après être partie du refuge, mes jambes était trop cuites pour tourner normalement… Plus haut, dans les rares mètres carrés avec de la neige un peu normale, ça allait encore et j’ai aussi parfois réussi à faire des virages avec de très, petits sauts, pour décoller les skis de la neige juste assez pour tourner, mais seulement avec beaucoup de concentration. Avec mes pauvres jambes, j’ai préféré descendre ce chemin ‘rock and roll’, comme disait le guide : en mode trail, skis sur une épaule, bâtons dans l’autre main et hop hop hop hop ! “J’ai jamais vu ça” disait un skieur inconnu avec beaucoup de respect “Très inventif, et très efficace !”

Pour finir quand même en ski , j’ai rechaussé (reskié plutôt, j’ai toujours du mal avec les mots français « déchausser et rechausser » quand on ne fait rien avec les chaussures, ce sont des ski’s que on enlève ou remet!…) et fait les derniers 500 mètres vers le parking en ski, dont 200 avec les chaussures en mode trail/marche. Une grande bière nous attendait dans une des voitures et nous avons trinqué tous contents, pour conclure cette aventure. Et la romance? Pendant la trinque on échangeait un regard profond… Ce qui se passe dans le CAF, reste dans le CAF…

Et tout commence…

La vraie fin était après le retour, au parking d’Aix les Bains à la fin de l’après-midi. Je déambulais en tenue de ski, avec tout le matos dans mes mains et sur le dos et aux épaules comme un truc normal, naturel. Entre les gens en t-shirt et avec des pensées plus quotidiennes que ‘la montagne’… C’était un clash des existences, un privilège et une grande joie pour moi. Car cette fois c’était moi, l’aventurière pour qui c’était normal de se promener en ville en mode ski/sport de montagne… comme si je commence, tout doucement, à devenir une montagnarde.

 

*Ce compte rendu n’est pas né comme une histoire mais comme un récit whatsapp pour l’ami du ski qui m’a fait découvrir le ski de rando il y a un an avant. Et des messages sur un portable ne se lisent pas comme un roman… Le fait que ça se lis du tout, c’est grâce à ce copain de ski, JC. Il m’a beaucoup aidé à rendre tout mes textos un peu plus lisible. Merci !

Et pour ceux ou celles qui lisent encore là: je recherche un logement près du Lac du Bourget !

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